À propos de la campagne

Campagne pour une communauté urbaine solidaire sans contrôles racistes

Commission spéciale centre-ville („SoKo Innenstadt“)

Depuis octobre 2024, la «commission spéciale centre-ville» (abrégée SoKo), composée de 13 policiers, est active dans le centre-ville de Bielefeld. En patrouillant et en contrôlant plusieurs fois par jour la place Kesselbrink, la gare centrale et d’autres quartiers du centre-ville, elle vise à renforcer le sentiment de sécurité des habitants de Bielefeld. Mais la question est: la sécurité de qui? Selon son chef, Lars Lorenz, ils veulent «réduire considérablement ces scènes» et, pour cela, «exploiter pleinement tous les moyens prévus par l’État de droit, du droit pénal au droit des étrangers.» L’objectif est d’agacer les gens et d’envoyer le message suivant: «La police vous surveille.» Lorenz admet lui-même que de telles opérations n’augmentent pas la sécurité réelle, mais font augmenter le nombre de cas.

Harcèlement et éviction

Pour tous ceux qui fréquentent régulièrement la Kesselbrink, le travail de la SoKo se traduit avant tout par une présence constante de contrôles, de fouilles et de harcèlement. Ceux-ci touchent presque toujours les personnes non blanches, les personnes souffrant d’addictions et les sans-abri. La SoKo distribue souvent des interdictions d’accès, ce que nous critiquons particulièrement. Il s’agit d’une forme directe d’éviction: les personnes considérées comme indésirables sont exclues de l’espace public par des interdictions d’accès, au lieu de s’attaquer aux causes sociales de leur situation. Cela ne résout pas le problème, mais le déplace simplement – hors de la vue de la société majoritaire, loin du paysage urbain. Les interdictions d’accès n’assurent donc pas la sécurité, mais excluent les personnes de la vie publique et déplacent les problèmes sociaux vers d’autres lieux.

Ce qui menace notre sécurité – et donc celle des habitants de Bielefeld – c’est la SoKo elle-même !

Nos objectifs

Nous pensons que les problèmes sociaux tels que les addictions, la pauvreté et le sans-abrisme ne peuvent pas être résolus par la police. C’est pourquoi nous donnons un nouveau sens à l’abréviation SoKo: Solidarité sans contrôles! L’objectif central de cette campagne est d’intervenir dans la sphère publique de Bielefeld, de poser des questions critiques, de formuler des propositions de solutions alternatives et de les mettre en pratique.

Nous voulons surtout que le Kesselbrink soit un lieu sans contrôles racistes, un lieu où notre sécurité est aussi importante. Au lieu de criminaliser les gens, nous avons besoin de lieux de rencontre, de soutien mutuel et où nous aimons passer du temps!

Nous voulons passer du temps ensemble à l’extérieur sans être constamment contrôlés.

Témoignage

«Ils terrorisent tout le monde. Certains garçons rêvent déjà d’eux. Moi aussi, j’ai déjà rêvé d’eux.»

«J’étais en route pour aller travailler. Soudain, une voiture arrive à toute vitesse et me bloque le passage. Puis un homme en sort, avec un pistolet ici et une radio ici [il montre sa hanche et sa poitrine]. Celui qui, à la fin de cette interview à la WDR, a dit : «Nous sommes là aujourd’hui, nous serons là demain, nous serons là la semaine prochaine». Je lui ai dit : «Je dois aller travailler.» Il s’en fichait complètement, il m’a répondu: «Taisez-vous!» Je me suis alors assis, et une voiture de police avec deux policiers est arrivée. Ils nous ont fouillés: enlever la veste, ils regardent toujours partout, même dans les manches et tout. Ils palpent partout, puis ils disent: «Enlevez votre chaussure droite», et quand on a enlevé la chaussure, ils regardent à l’intérieur et disent: «Enlevez vos chaussettes.» Et ensuite, ils ont fait la même chose avec la chaussure gauche. Parfois, il faut aussi enlever son pantalon. C’est extrêmement désagréable. J’ai dû rester là pendant une demi-heure, ils avaient ma carte d’identité. C’était la deuxième fois qu’ils nous contrôlaient ce jour-là et ils n’ont rien trouvé. J’ai ensuite pu aller travailler. Avec 30 ou 40 minutes de retard.

J’ai été contrôlé plus de 50 ou 60 fois sur la place et ils n’ont jamais rien trouvé. Je ne sais pas pourquoi ils continuent à nous contrôler.»